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24.03.2008

lecture

Les personnes cultivées le savent -- et surtout, pour leur malheurs, les personnes non cultivées l'ignorent -- la culture, c'est d'abord une affaire d'orientation. Être cultivé, ce n'est pas avoir lu tel ou tel livre, c'est savoir se repérer dans leur ensemble et être en mesure de situer chaque éléments par rapport aux autres. L'intérieur importe moins ici que l'extérieur, ou, si l'on veut, l'intérieur du livre est son extérieur, ce qui compte dans chaque livre étant les livres d'à côté.
Pierre Bayard, Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?

Tchaikovsky - Swan Lake - Scène : Suite from the ballet

01.03.2008

les griffes de la civilisation

Les tourniquets dans le métro, des fois ils sont renforcés par des espèces de plaque en fer pour bloquer le passage naturel de l'être humain.

Ca aide les contrôleurs à voir qui fraude, qui ne fraude pas, à voir des vieux à quatre pattes ou autres.

L'autre jour, j'ai vu un gars de ma fac. Un type petit, lunetteux, pas très beau malgré un air honnête, dont le titre de transport refusait de fonctionner.

On le regardait avec une délectation inavouée, comment allait-t-il se tirer d'affaire ? Le pauvre gars n'arrivait pas à franchir le petit obstacle RATPien à Nanterre Université. Allait-il attendre pour passer avec quelqu'un ou bien allait-il ramper ou même attendre dans un coin qu'un être bienveillant lui portât secours ? Certaines hypothèses étaient plus farfelues que d'autres, on espérait pourtant qu'il choissît la plus improbables.

Comme bien d'autres, je le regardait s'exercer au saut d'obstacles. C'était assez burlesque car son sac semblait ensevelir son corps d'enfant au point de l'empêcher de se lancer vraiment.

Après maintes essais infructueux, il essaya de se faufiler timidement derrière un autre passager. Non seulement il n'y parvînt pas mais en plus son confrère ne lui a pas tenu la plaque métallique. C'est ainsi qu'il se retrouva le bras tendu empêchant la plaque de se bloquer et la jambe gauche accrochée au tourniquet. On l'aurait cru quelques minutes avant un 100 m haies en train de faire son stretching. Ca devait être le moment le plus drôle, mais pour moi, et quelques autres, la scène tournait au pathétique. Il y avait des dizaines et des dizaines de voyageurs qui allaient et venaient, beaucoup le regardèrent. Indifférents.

Je me décidai enfin à quitter ma place de témoin oculaire quant une spectatrice vola à son secours. Un monsieur est venu lui tenir la plaque, quelqu'un lui a prêté son passe. Au final, nous n'étions pas moins de quatre à aider notre petit bandit des grands chemins.

Fillon tient le bon bout

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A quoi bon dire aux Français que le chômage va baisser s'il ne baissera pas ? 

11.02.2008

Discrimination envers les moches

J'ai vu un petit reportage sur la discrimination à l'embauche : Deux personnes avec le même niveau de compétences, l'une avec un nom à consonnance étrangère, l'autre avec un nom français se proposent à un poste... (bla bla bla)

Ca m'a fait rebondir sur un autre truc, la discrimination envers les moches. Deux personnes, même niveau de compétences, l'une est laide, l'autre a un physique qui vous plait, qui choississez-vous ?

Ni vu, ni connu.

10.02.2008

les proies façiles du communisme

Mon père est devenu ultra-patriotique depuis qu'il regarde la chaîne CCTV4 sur le cable.

Sur la CCTV4, Hu fait son apparition tous les jours. Sur les écrans, le président chinois rencontre les ouvriers pauvres de la Chine et soutient les minorités éthniques. Les caméramen le filment en train d'aider les OS, que ce soit avec un casque jaune de ferrailleur ou la salopette bleue du fermier, Hu Jintao semble ne pas avoir d'hésitation quant il s'agit d'aider son peuple. "Il n'y a pas de hierarchie comme dans les pays Occidentaux" me dit mon père. La chaîne télévisée nous montre des Chinois heureux, fiers de leur pays. Hu Jintao termine systématiquent ses visites avec un discours accompagné d'un tonnerre d'applaudissements.

Sur le cable, ces images repassent en boucle. Il y a un ou deux ans, on entendait encore l'hymne national chinois résonner dans la salon plus de dix fois par jour.

Depuis qu'on a le cable, mon père ne regarde que cette chaîne. Le seul lien qu'il lui reste avec son pays d'origine, son seul journal, sa seule source d'informations.

De temps en temps, il arrive que je commente les images de la CCTV4 avec l'espoir de réveiller mon père l'hypnose; quelques questions pour le faire réagir. Le président visite son peuple, pourquoi le fait-il ? quelles sont les conséquences de ces visites ? Mon père me dit que ça donne une image chaleureuse de la Chine, que si le gouvernement Chinois était mauvais, Hu ne serait pas président, que si le gouvernement était mauvais c'est à cause de ces capitalistes américains qui veulent détruire l'image de la Chine. C'est une conflit idéologique ; sans ce gouvernement le pays n'aurait pas un tel développement économique, me dit-il. "Si la Chine va bien, c'est aussi positif pour nous, Chinois d'outre-mer." Puis il me questionne à son tour "si le gouvernement était si mauvais, quel mal a-t-il-fait subir à son peuple ?"

Je sais ce qu'il faut que je réponde, mon père n'aime pas être contredit. Je ne fais que prendre la température, voir à quel point le lavage de cerveau réussi sur mon père.

Ses idées très confuses et enchevêtrées. A chaque fois que je lui propose une autre vision de la Chine, il s'emballe et le prend comme une agression. La discussion commence avec les médias chinois, elle termine sur le rôle du gouvernement chinois et passant par le "capitalisme américain".

Depuis qu'il a découvert youtube, c'est les chants communistes qui l'enflamment. Ca lui redonne envie de "se battre" pour son pays.

Mon père est tourné vers le communiste depuis qu'il a dû mettre la clé sous la porte de sa boutique. Une faillite économique qui l'a fait sombrer dans la dépression. Démotivé, l'idéologie communiste lui a redonner l'espoir d'une vie simple et facile. L'histoire d'un homme ambitieux anéanti par l'échec.

08.02.2008

Bilan des examens

Pour la première fois de ma vie, j'ai enchaîné 2 nuits blanches et zappé 5 repas. Inutile de préciser qu'à la base, je suis déjà en sous-nutrition. C'est-à-dire, dès que je saigne du nez : direction les urgences.

Après deux nuits sans sommeil, on devient vite irritable.

- T'as compris pourquoi irzstalblioc collectif ?
- Quoi ?
- Souchtitous pour qui irzstalblioc clecle ?
- Quoi ?
- S'râve.
- Hein ?

~Le soleil vient de se lever, encore une belle journée~

Dans le monde réel (lire : à l'extérieur), les mecs étaient en tee-shirt, le ciel était bleu, il y avait du soleil, je tremblais de froid. Les yeux dégoulinants prêts à exploser, j'avais le nez bouché et ne comprennais pas ce qui m'arrivaient. Le monde gravite autour de toi, tu es un point fixe et tu dois te tortiller dans tout les sens pour comprendre ce qu'il se passe. En gros, t'as mis le contact sur on, mode pilotage automatique, et tu te dirige vers la gare sans savoir pourquoi t'y vas. Dans de telles conditions, l'erreur serait de chercher à comprendre ce qui se passe.

Vers la station RER, est planté un énorme panneau publicitaire : "ASIE EN FRERE !" J'en ris tellement c'est minable. ASIE TANG FRERES. A 7 heures du matin, tu te dis qu'ils auraient pu trouver mieux. Ce n'est que lorsque je me suis trouvé à 20 centimètres du panneau que je me suis rendu compte qu'il était écrit "ASIE EN FETE !" C'est plus logique car le nouvel an Chinois approche. Vingt minutes plus tard, tu commences à réaliser qu'il n'y a pas de Tang Frères aux alentours de chez toi.

Dans les transports, je m'empresse de boucler mes révisions. Les yeux jaunes de sang, j'essaie de retenir les 4 phrases x2, mission impossible en plus d'une heure et demi de trajet.

Devant ma copie orange fluo, j'avais l'impression d'être redevenu ultra lucide, comme par magie, je pétais aussi la forme.

Je ressors de l'amphi avec le sentiment d'avoir tué le diable, fier comme un catcheur. Après avoir discuté avec un pote de l'examen bidon, je me rends compte que j'ai oublié de corriger les données des variations saisonnières. J'abrège la discussion pour ne pas sombrer dans la déprime.

Heure du repas, je ne prends rien, faut réviser. Coup de barre. Je retiens rien et mélange tout. L'heure-H approche. Le contrôle est simple, je le foire.

20h00, j'arrive à la maison avec une tête d'enterrement, il n'y a rien dans le frigo, je n'ai pas le temps de le remplir et encore moins le temps de préparer à bouffer. (7ème repas manqué)

En dépit de mon retard conséquent dans les révisions, je décide de ne pas faire une 3ème nuit blanche. 3 ou 4 heures de sommeil, ça doit être largement suffisant. Auparavant, je ne dormais pas, je prenais des pauses. C'est qu'après avoir survécu à deux nuits blanches, t'as l'impression que plus rien ne peut t'arrêter, que trois heures de sommeil, c'est suffisant pour regagner tous ses coeurs. Le temps a l'air d'être plus long, j'ai moins la pression du deadline. Il est 22h00, je me dis que j'ai encore 8 heures devant moi, le partiel suivant étant à 13 heures. Je peux prendre mon temps. 90 minutes de glandouillage avec Vladimir Horowitz qui me bourdonne dans l'oreille.

A 4 heures, coup de barre. Je prends un douche pour avoir la sensation d'être frais. En sortant de la salle de bain ; d'un je me fais engueuler pour avoir réveillé mon père, de deux je caille à mort car il n'y avait pas d'eau chaude. J'en parle au dare, je me fais encore engueuler. J'avais l'impression qu'il me faisais la morale en langage binaire.

10h00

Je me réveille d'un seul coup quand le réveille sonne, gastro oblige. Je me précipe au W.C., trop tard, le plombier s'est ramené la gueule. Je vais pousser ma purée dans les chiottes interdites. La lunette de la cuvette est tâchée de pisse séchée de mon père quand il fait gicler son café au lait. Je torche la cuvette, sans résultat. On dirait que les tâches ont été fait au marqueur. Tant pis, je me fais un coussin de feuille pour pas me tagger les cuisses en jaune, en tirant la chasse, je me rends compte que les W.C. je les ai bouchés. Me fais engueuler, le plombier vient de se tirer en douce. Comme d'hab., ce diplômé en BEP s'arrache sans avoir résolu le moindre problème.

"Une collègue repassera avec les pièces nécessaires."

Ouais. En attendant, Tiorfan ou Smecta ? En tout cas, je me refais engueuler car chez nous on n'a pas le droit d'être malade.

Partiel, cette fois je l'explose en deux. J'ai réussi les disciplines difficiles et foiré les simples. Je ne majorerai pas grand monde cette année.

En quittant l'amphi, je me risque à demander aux autres ce qu'ils ont fait. Je me rends compte qu'ils se sont tous plantés comme des culs, ce qui décuple ma jubilation par 5.

A la gare, L., jolie fille, quoique un peu petite à mon goût, me tient la grande plaque en aluminium censé faire barrière aux bandits des grandes routes en chaise roulante. L'hypnose dura 4 secondes. Je m'en suis rendu compte qu'elle m'attendait quand elle a remarqué que mon regard était vide, et que ce n'était pas elle que je fixais. Pendant plusieurs minutes, j'ai réfléchi à ce que je allais faire. Il fallait bien que je rentrasse chez moi mais il me semblait qu'il me restait un truc à faire à la fac. Mon cerveau acheva son scandisk 30 secondes après : il faut que j'aille chercher mon emploi du temps du second semestre.

Pendant le trajet en train, il y a une fille belle à en mourir. Elle est assise juste en face de moi, elle regarde partout sauf devant elle. Elle regarde ma montre, mes mains, dehors tout sauf ma tronche. J'avais envie de discuter un peu avec elle (ou n'importe qui), c'est la fin des exams, je suis un peu content. Mais à cause du manque de sommeil, je me trouvais laid, et je ne l'ai pas abordée. Résultat des courses, je me confie à une gamine de 17 ans, moche si vous voulez tout savoir. Elle (pas la moche) descend à Nation. Tout à coup, je n'ai plus envie de parler. Je m'arrête de raconter ma vie d'un seul coup, je ne faisais plus rien, je ne pensais pas non plus. En général dans le RésoEx, je fais tout sauf rien. Un bouquin, je révise, j'écoute pas de musique. Surtout que j'avais ce putain de pavé de BEE que tout le monde me conseil. Franchement, Bret, j'aime pas du tout. Aucun art.

C'est au tour de la petite de me poser des questions, mes réponses ne franchissaient jamais le cap des 10 mots par phrase.

On arrive bientôt à destination. Deux midinettes enlassées sur les strapontins me reluquent le cul des yeux. Un mec me caresse du regard. Dès que je le regarde, il fait genre il regarde le ciel. C'est bizarre. Je n'ose pas les regarder. Je ne sais pas pourquoi mais je n'ose pas les regarder dans les yeux. Je fais comme si ils étaient absents. Feindre l'indifférence alors que j'avais quand même envie de savoir quel genre de personnes c'était.

Arrivé dans ma cabanne, je pose mon cul sur le pieu, les pieds sur la chaise IKEA acheté en 1992. Je pense. J'ai envie de faire quelque chose mais il n'y a rien à faire. Je ferme les yeux afin d'optimiser mes facultés intellectuelles ; je les reouvre, 5 heures se sont écoulées , je suis encore en jean, ficelé à mon sac-à-dos. 2h40 heures du matin, ça fait trois jours que je n'ai pas mangé, je me lève pour me brosser les dents.

30.01.2008

l'art de remonter le temps ?

Avec Internet, on a/avait la possibilité d'échanger des informations via le web. On n'avait plus le souci de l'espace. Chouette avancée technologique, surtout pour ceux qui savent l'exploiter.

Cela étant, d'après ce qu'on peut lire ici

Concrètement, les producteurs peuvent relever les adresses IP — l'identité numérique — des personnes téléchargeant illégalement des fichiers musicaux pour engager des poursuites au civil et au pénal.
Il faudra bientôt recommencer à faire des échanges en main propre...

OK.

...

Quoi ?

Moi, ça me dérange pas.

Payer 360 € par an pour lire wikipédia... Attends mais c'est un peu cher là ou quoi. L'intégrale d'Universalis coûte deux fois moins cher. Pour lire les mails ? Mais n'avez-vous donc jamais parlé du wi-fi ?

Ah mais j'oublie l'aspect essentiel d'Internet :)

Allez, bonne branlette !

27.01.2008

L'étudiant a 5 évolutions

C'est plus ou moins visible, mais c'est ce qu'il se passe en général.

Décollage


Vous venez d'avoir votre bac avec mention alors que vous n'avez pas touché à un bouquin. Vous savez que vous avez un potentiel qui n'attend qu'à être exploité.
A la fac, vous adoptez une coupe de dandy, pas de fashion faux-pas, vous êtes sociable et dynamique. Physiquement et moralement, vous êtes au top.


Crash

Vous avez bossé mais les résultats ne sont pas aux rendez-vous. Non seulement certains étudiants ont des notes bien au-dessus des votres, mais surcroît vous faites partie des étudiants dits moyens. Malgré tout, vous persistez à croire que vous allez faire mieux la fois prochaine. Afin de maximiser votre temps, vous préférez des cheveux courts et un look simple.


2ème crash

Votre moyenne augmente de 0.5 à 1 points alors que vous avez bossé comme un malade. Petit à petit, vous réalisez que vous n'êtes pas le descendant de John Stuart Mill, et qu'à la clef de votre licence, seules des écoles de second ordre vous attendent.


Echappatoire

A ce stade, la compétition n'est plus à l'ordre du jour. Vos ambitions sont à zéro. Les plus courageux continuent à étudier en se contentant de notes moyennes. Un p'tit joint de temps en temps, quelques soirées étudiantes orgiaques par-ci par-là. Les études ne sont plus votre priorité.


Convalescence

Vous êtes pris dans une "petite" grande école. C'est moins pire que ce que vous ne pensiez. Vous regrettez de ne pas avoir tenu le coup jusqu'au bout, mais c'est trop tard. Vous, qui esperiez aller vivre aux USA, vous vous retrouvez dans un appartement au XIVe arrondissement de Paris. C'est pas mal, mais c'est pas la 5e avenue. C'est pas mal, parce que vos exigences ont tellement baissé qu'on vous aurait foutu à Angers, vous auriez quand même été content.


ps. ça ne s'applique pas aux formations sans envergures.

24.01.2008

Les Français subissent les médias ?

A 93% donc, selon le 21e baromètre CSA-La Croix, les Français trouvent que les médias accordent trop de place «à la vie privée de Nicolas Sarkozy».

A 50%, ils trouvent que les médias n'ont pas assez parlé du pouvoir d'achat, de la crise financière aux Etats-Unis (32%) ou encore des sans-abri (49%). 

Source

Les bleus, vraiment ! C'est passionnant la vie de Nicolas Sarkozy, bien plus qu'un dossier de 25 pages sur les facteurs de la liquidité bancaire et la monétisation d'actifs ou l'impact de la surconsommation des ménages US sur l'économie mondiale.

Si le Français moyen voulait vraiment en savoir plus sur la crise des subprimes etc., il aurait chopé un abonnement au FT (ah merde, c'est pas dans la bonne langue) ou un mag économique ou je ne sais quoi d'autre. Laissez-moi espérer... Il n'est pas idiot au point de ne pas savoir que les médias ne se limitent pas au journal de 20 heures ou au 20 minutes. 

Si les Français sont si rares à lire ces pages saumons, c'est, d'après moi, parce qu'ils n'y pigent pas grand chose. Ce qu'il faut c'est leur prémacher le travail, vulgariser l'information. Pourquoi le dollar est-il si bas, les conséquences d'un taux directeur élevé etc.

C'est la nouvelle tendance aujourd'hui, avoir l'air intelligent. 

 
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